Détestation n°3 – Les Compassionless

Détestation n°3 – Les Compassionless

Parce qu’il n’y a pas de finalité. Parce que c’est un mot, un concept. Parce que le déséquilibre fait penser ceci et puis cela. Il n’y a pas de finalité. Tout au plus, un processus.

Tous les jours, j’applique le système de valeur qui m’est propre. Dès que je pense. C’est le mien mais j’en suis à peine responsable. Il n’est pas de mon fait. Si je trouve que l’acte de tuer des gens est méprisable, c’est par la médiation de l’éducation, de l’environnement civilisateur, ou, en fin des fins, de quelque instinct de préservation qui veut l’interdire à tous pour l’interdire à soi.

Cela pour signifier que je n’ai aucune espèce de conviction que j’estime assez solide pour vouloir l’imposer.

La famille est tout en haut de mon échelle de valeur mais tout le monde a la sienne, d’échelle. Ça ne veut pas dire que je suis en accord avec cette échelle. Lire la suite « Détestation n°3 – Les Compassionless »

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Marvel’s Daredevil- Ils ont tué la saison 1

Marvel’s Daredevil- Ils ont tué la saison 1

Ils ont tué la saison 1 avec une telle violence ! Il n’y avait plus de plan qui alliait style et icône. Les moments de bravoure sans cesse immersifs et ralentis au point que l’on s’arrête de respirer, n’ont pas passé 2015.

Oui dans cette nouvelle saison il y a le plan séquence de bagarre dans une descente infernale de cage d’escalier, mais pour quoi ? Pour sauver sa peau et celle d’un meurtrier. Plus tôt dans la première saison, le démon de Hell’s Kitchen décide d’aller jusqu’au bout de lui-même pour sauver un enfant. Et on le sent passer. La fatigue, les blessures, la corde raide et l’engagement quasi suicidaire. Dans la saison 2, rien de tout ça.

Foggy qui brillait d’humanité et de subtilité, devient la fonction « je suis pas d’accord avec toi Matt ». Il récupère néanmoins un seul moment pour montrer son charisme fou.

Les personnages présentés dans la saison 1 sont tous fouillés. On peut se dire qu’une fois les présentations faites on peut se concentrer sur l’action, mais en fait non. C’est totalement contre-productif. Il y avait dans la saison 1, une intrication des enjeux et de la caractérisation des personnages. Les scènes d’action relevaient tout ça comme pour épicer un plat déjà bien sympa. Et puis, le costume de Daredevil fait à l’arrache et les chorégraphies de combat fluides et brutales appuient encore la maestria de cette foutue saison 1 !

Matt Murdock devenait un héros. Ses conflits psychologiques s’illustraient dans Lire la suite « Marvel’s Daredevil- Ils ont tué la saison 1 »

Détestation n°2 – L’imbécile incivilité

Putain de bordel de merde, qu’est-ce que c’est que ce pataquès !

Il y a des moments où les baffes se perdent et où des coups de savates volent dans mon imaginaire. Pourquoi ces personnes essuient leurs pieds sur la banquette en face d’eux ?

Ils n’ont pas compris le principe du transport en commun. Ce genre de situation se passe dans les rames de métro ou de RER. Je ne comprends pas. Il n’y a pas mieux pour insulter ses parents parce qu’on crie au monde entier : Chui un « mal élévé » ! Lire la suite « Détestation n°2 – L’imbécile incivilité »

Du sang, des larmes, de la confusion

Des événements tragiques ce sont produits.

Du sang, des larmes, de la confusion, des traumatismes.

Les émotions sont d’une richesse infinie. C’est effrayant. Comment pouvons-nous nourrir autant de mouvements intérieurs ? Il y a ceux qui se sont énervés, ceux qui ont contenu leur rage, ceux qui se sont montrés indifférents, ceux qui ont ressenti de la joie, de la peur

Les émotions se transforment parfois en sentiments. Nous les partageons. Nous gesticulons, nous montrons, nous crions, nous pleurons, nous parlons, nous écrivons.

C’est au cœur de ce qui fait de nous des hommes que nous trouvons la force de l’être, des hommes. Parfois, j’ai envie de ne plus ressentir pour réapprendre un sentiment à la fois. Je connais au moins un mec qui trouverait ça assez stupide.

Bergson rend compte de la simultanéité de ces mouvements intérieurs. Des « états de la conscience » il y en aurait une infinité et en nommer quelques-uns nous a privé de leur totalité. Pour partager sa tristesse, il faut pouvoir la dire et pour la dire il faut des mots. Ces mots tranchent dans le lard et ce lard a tellement à dire.

Bergson dit que trancher dans la masse informe du ressenti nous a permis de raisonner. Il l’a peut-être mieux dit… Peut-être.

Toujours est-il qu’exprimer ce que l’on ressent est une gageure et que s’y employer est peut-être la plus grande épopée humaine. Les chemins infinis sont monnaie courante mais l’événement premier, qui nous provient de la perception interne, est le premier défi qui s’offre à nous.

De la colère.

De la stupeur.

De la lassitude.

De la peur.

De la joie.

Autant de preuves de l’infinie richesse d’une vie.

L’erreur serait de se tourner vers la psychologie alors qu’il s’agit d’infini. La mathématique ou la philosophie. Rien de moins.

 

 

 

Détestation n°1 – Non mais c’est vrai que parfois à un moment donné voilà quoi !

Une explosion aurait été parfaite pour commencer ce billet. Puis il y aurait une scène d’action incroyable et la présentation d’un héros immoral.

Avouez, ça aurait été bien non ?

Bon les jeunes on va parler franchement, je suis une sorte de hater. Mais le hater le plus doux qui soit, du genre à encenser Expendables et à cracher sur Danny Boyle. On y reviendra peut-être.
Puisqu’on parle franchement je vais commencer par annoncer mon programme: 12 raisons de détester. Voilà, c’était mon programme.

Et on commence.
Il paraît évident que pour détester il faut un sujet de détestation 🙂 ça, c’est pas un problème.

Détestation numéro 1: les gens qui brassent de l’air en causant.

Mais pourquoi parlent-ils autant ? Et pourquoi autant d’emphase pour dire “Comment s’est passé ton week-end ?” ? Pourquoi faut-il que le mec tout au fond du hall entende ?
Réponse :
Le corps est une substance étrange qui une fois accouché de la matrice, attrape plein d’attitudes. Comme un chewing-gum encore chaud, le corps capte toutes sortes de choses, dégueulasses ou heureuses d’ailleurs. La gomme refroidit à l’adolescence. A ce stade, si on a acroché des cheveux ou des mauvaises habitudes, ça devient délicat. C’est toujours possible de changer d’écriture pour réussir à prendre le cours de philo mais si, à ce stade, on est le relou de la bande… c’est délicat. Mais être relou c’est pas le pire.
Si vous ne collez plus aux parois parce que vous avez déjà tellement trainé partout que vous êtes déjà quelqu’un, toutes mes condoléances. Maintenant, si vous avez des tics de langages, genre, tu vois, tu sais ? Ce n’est pas grave si par exemple, vous voulez savoir si votre vis-à-vis fais comme si il pouvait savoir ; genre tu vois ?
Mais là où ça m’écoeure c’est que ces gentils petites expressions sont utilisés comme cache misère. Et la violence est déclarée : j’écoute et j’entends des discussions à moitié rongées par les vieux “c’est clair”, “carrément”, “effectivement”, “non mais c’est vrai”, “j’avoue”, “je te promets”,… évidemment qu’j’en oublie !
Ces gentils expressions ont un sens et portent surtout une intonation informative ; je n’ai rien contre elles ; elles sont gentils. Je jette la pierre à ceux qui s’en parent comme on se recouvre de vêtements de marques. A qui on parle lorsqu’on parle à un chewing-gum dont on ne voit plus du tout la gomme ? (Question qui fait Pshhh !) Non mais c’est vrai quoi. J’ai de beaux vêtements, je suis donc fréquentable et en plus j’ai beaucoup de choses à dire alors écoute.
Mais il n’est pas exclusivement question d’expressions, c’est une “attitude”. On appelle ça du charisme parfois… argh, je meurs.

Communiquer c’est jouissif et on apprend énormément en communiquant. Chez les humains, les machines à communiquer (humaines) réussissent mieux. Je crie à l’injustice pour les relous qui ne maîtrisent pas les mots creux et ne sont pas bardés de vocables de marque. “Ouais trop galère” mais “du coup” qu’est-ce que j’y peux ? Rien du tout, à part vous dire pourquoi j’ai ces beaux-parleurs en horreur.

Il m’est arrivé deux ou trois fois, dans toute ma vie entière all along, d’être happé, retourné et soufflé par l’écoute d’une discussion emplie de sens. Dans l’intégralité de ses mots, expressions et intonations. Une discussion pleine. Les phrases devenaient des colliers de bonbons à déguster un par un. La première fois ça fout une claque, on voit bien qu’il y a quelque chose de différent mais on ne sait pas quoi. Puis on se demande si on avait jamais autant incarné des mots. J’étais amoureux.
Cette détestation est un piège à loup qui s’est refermé d’un coup lorsque j’ai entendu cette discussion pleine. Ce piège a été remonté avec toute la patience dont j’ai usée à écouter les gens me dire leur personnalité. Les paroles en cachent d’autres et mon penchant à lire entre les lignes s’est longuement exercé, parce que connaître les gens est primordial pour bien des raisons. Et je me suis fait piéger parce que j’ai appris que la licorne pouvait exister au sein d’un troupeau de chevaux qui dédaignent leur noblesse.

Je déteste les gens qui brassent de l’air en causant 🙂

S’il vous plaît, Remember the fifth of november, parce que dans 12 détestations le chewing-gum aura changé et le monde avec.

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